samedi 16 février 2008

Grève dans l'audio-visuel public




Aujourd'hui, l'ensemble des syndicats et une part exceptionnellement importante des salariés du groupe France Télévision ont entamé une grève et défileront cet après-midi dans les rues de Paris.
Au delà des "stars du petit écran" qui ont fait le choix, courageux, de suivre le mouvement, nous assistons à l'expression d'une profonde inquiétude qui fait suite aux déclarations controversées du Président de la République lors de sa conférence de presse de rentrée le 8 janvier 2008.
Il a déclaré, à cette occasion, vouloir en finir avec la publicité sur les chaînes du service public. Intention louable, mais particulièrement inquiétante étant donné qu'aucunes garanties n'ont été donné quant à l'origine et au montant des budgets qui seront alloués à France Télévision. A l'heure actuelle, c'est un budget de 1,2 Milliards d'euros qu'il faudra financer. Cette somme considérable ne peut assurément être trouvée du côté d'une augmentation de la redevance au regard du peu de pouvoir d'achat dont bénéficient encore les français.
Nicolas Sarkozy a évoqué des nouvelles taxes sur certains produits et matériels sans pour autant apporter plus de précisions. Le Gouvernement ne sait même pas aujourd'hui quels montants ces nouvelles taxes pourraient rapporter. Cette attitude révèle la légèreté avec laquelle Nicolas Sarkozy semble avoir abordé ce sujet. Il voulait faire un effet d'annonce, encore une fois, mais sans avoir d'élèments chiffrés ou de perspectives claires.
La perspective d'un système audio-visuel à la Berlusconi se rapproche dangereusement et remettrai, encore une fois, gravement en cause l'expression d'une presse de moins en moins libre et de plus en plus mise sous pression. Si le groupe France Télévision venait à devoir fermer faute de budgets suffisants, le seul bénéficiaire serait le témoin de Nicolas Sarkozy lors de son précédent mariage, à savoir, M. Bouygues, propriétaire de TF1. Ses actions ont déjà fait un bond suite à l'annonce du Président de la République à la perspective de rentrées publicitaires supplémentaires, s'il se paye son plus sérieux concurrent, France Télévision, il pourra offrir une ou deux rollex de plus à Nicolas Sarkozy pour le remercier.
Pour continuer à bénéficier d'un service public de l'audio-visuel de qualité, qui continuera à faire la promotion d'oeuvres culturelles, d'informations mais aussi de divertissements à la hauteur de ce qu'attendent les français, il est indispensable de prévoir des financements pérennes permettant au groupe France Télévision de se projeter dans l'avenir. C'est pour ces raisons que je souhaite aujourd'hui, exprimer mon soutien sans réserve au mouvement de grève chez France Télévision et je compte porter leur revendication au sein du Parlement dès que le Gouvernement nous autorisera à avoir un débat à ce sujet...

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